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22/08/2009

Bon, je suis rentré de Brugge

, enfin Bruges pour les Français et donc forcément Brugges tant elle est multiple.

Et puis c’est bien Brugges le traitement de texte le souligne à l’encre rouge. C’est comme ça que je me repère.

Mais bon c’est mon truc à moi, et bizarrement je ne veux pas le partager, alors ce sera Bruges.

 

Brugge, c’est le ventre de ma mère. C’est toujours là que je me répare. Bien sur je pouvais vivre à Lille, c’est là qu’elle naquit et disparue, temporairement, pour les hommes. Je pouvais y respirer, y durer, y habiter, je pouvais cohabiter avec l’enfant d’avant son passage. Lorsque, enfin, elle prit ses distances franchisant le pont.

A peine adolescent, il me conduisit dans cette religieuse maison au bord de cette rivière, il y avait un pont derrière la grande porte, le même pont. Toujours installé dans le silence, il déposa ma valise dans la grande pièce, ouvrit la porte de la chambre, celle de la salle de bains, revint sur ses pas, me regarda longuement dans les yeux, sur le pas de la porte,  ‘repas dix neuf heures, tapantes"

J’ai mis trois mois avant de faire pivoter le prologue de bois vernis , puis sept jours pour percer l’opacité du pont, et vingt quatre heures de 6H30 à 6H30 pour passer la porte du temps. Rien n’avait changé, l’odeur du café, du lait, du pain chaud, que le boulanger apportait en échange d’une tasse de café et d’un regard, et déposait doucement le beurre dans son moule en bois.

Tout de suite je retrouvais les prémices de l’enfance, me laissait aller à de douces flâneries devisant avec les grenouilles, épinoches, salamandres, et tout ce qui bougeait. Sauf les oiseaux. Nous avions un pacte, je ne devais faire aucun bruit morcelant leurs chants. C’est dans ces balades que j’appris à parler aux vents. C’est là dans ces instants que je retrouve ma mère.

Il lui fallut longtemps, cela faisait déjà quelques temps que Sarah, s’était installée, dans la maison d’à côté, pour que je lui demande pourquoi ses pleurs d’effroi lorsqu’elle voyait des hommes. Mais elle se défaussait. Plus tard mon grand, on a toute la vie devant nous. C’était vrai, ses yeux reprenaient leur couleur verte mélangée de bleu foncé entre deux couches de fauve.

Trente ans après ils n’avaient pas réussi à la tuer.

Indestructible.

Comment vous savez.

J’ai ce don. Et toi aussi. Dis-moi que tu ne sais pas ce que les gens pensent.

Non je ne sais pas, je le devine.

Il posa sa main sur mon épaule.

Tu n’as que deux choix, soit tu t’en sers. Et à toi la puissance. Ou tu quittes le monde des hommes.

Je ne veux pas vivre chez les hommes.

Heureusement on ne te demande pas ton avis. Tu devras en disposer, en jouer.

La nuit tombait en ce début septembre, il avait un peu plu à marée basse, la foule buissonnière chantait sa joie.

Et,! Déjà dix neuf heures passées de dix minutes. On va se faire morigéner par la mère Mathilde.

Et par Sarah.

Il posa encore une fois sa main sur mon épaule, il confirma

Et par Sarah. Des pleurs le secouaient derrière son sourire clair.

Ce serait bien que tu nous tutoies, Mathilde et moi.

 

A chaque fois la vie reprend son cours., je ne dispose de personne. Je n’ai pas choisi la voie des hommes.

Commentaires

Très très beau !
Bel article.

Écrit par : faire part | 21/04/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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