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22/08/2009

Bon, je suis rentré de Brugge

, enfin Bruges pour les Français et donc forcément Brugges tant elle est multiple.

Et puis c’est bien Brugges le traitement de texte le souligne à l’encre rouge. C’est comme ça que je me repère.

Mais bon c’est mon truc à moi, et bizarrement je ne veux pas le partager, alors ce sera Bruges.

 

Brugge, c’est le ventre de ma mère. C’est toujours là que je me répare. Bien sur je pouvais vivre à Lille, c’est là qu’elle naquit et disparue, temporairement, pour les hommes. Je pouvais y respirer, y durer, y habiter, je pouvais cohabiter avec l’enfant d’avant son passage. Lorsque, enfin, elle prit ses distances franchisant le pont.

A peine adolescent, il me conduisit dans cette religieuse maison au bord de cette rivière, il y avait un pont derrière la grande porte, le même pont. Toujours installé dans le silence, il déposa ma valise dans la grande pièce, ouvrit la porte de la chambre, celle de la salle de bains, revint sur ses pas, me regarda longuement dans les yeux, sur le pas de la porte,  ‘repas dix neuf heures, tapantes"

J’ai mis trois mois avant de faire pivoter le prologue de bois vernis , puis sept jours pour percer l’opacité du pont, et vingt quatre heures de 6H30 à 6H30 pour passer la porte du temps. Rien n’avait changé, l’odeur du café, du lait, du pain chaud, que le boulanger apportait en échange d’une tasse de café et d’un regard, et déposait doucement le beurre dans son moule en bois.

Tout de suite je retrouvais les prémices de l’enfance, me laissait aller à de douces flâneries devisant avec les grenouilles, épinoches, salamandres, et tout ce qui bougeait. Sauf les oiseaux. Nous avions un pacte, je ne devais faire aucun bruit morcelant leurs chants. C’est dans ces balades que j’appris à parler aux vents. C’est là dans ces instants que je retrouve ma mère.

Il lui fallut longtemps, cela faisait déjà quelques temps que Sarah, s’était installée, dans la maison d’à côté, pour que je lui demande pourquoi ses pleurs d’effroi lorsqu’elle voyait des hommes. Mais elle se défaussait. Plus tard mon grand, on a toute la vie devant nous. C’était vrai, ses yeux reprenaient leur couleur verte mélangée de bleu foncé entre deux couches de fauve.

Trente ans après ils n’avaient pas réussi à la tuer.

Indestructible.

Comment vous savez.

J’ai ce don. Et toi aussi. Dis-moi que tu ne sais pas ce que les gens pensent.

Non je ne sais pas, je le devine.

Il posa sa main sur mon épaule.

Tu n’as que deux choix, soit tu t’en sers. Et à toi la puissance. Ou tu quittes le monde des hommes.

Je ne veux pas vivre chez les hommes.

Heureusement on ne te demande pas ton avis. Tu devras en disposer, en jouer.

La nuit tombait en ce début septembre, il avait un peu plu à marée basse, la foule buissonnière chantait sa joie.

Et,! Déjà dix neuf heures passées de dix minutes. On va se faire morigéner par la mère Mathilde.

Et par Sarah.

Il posa encore une fois sa main sur mon épaule, il confirma

Et par Sarah. Des pleurs le secouaient derrière son sourire clair.

Ce serait bien que tu nous tutoies, Mathilde et moi.

 

A chaque fois la vie reprend son cours., je ne dispose de personne. Je n’ai pas choisi la voie des hommes.

Le Pen et la délinquance étrangère:


Le lit de la lie se fait consciencieusement tous les jours.
Et un jour, armée de ces chiens, l'hallali sort du lit.

14:39 Publié dans En passant comme ça | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l pen

26/02/2009

Désolé pour l'absence.

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C'est long, c'est loin. Puis on arrive derrière soi. Juste derrière les pupilles.

07/01/2009

sarkozy devient le seul juge de la France. et des français

9H08

Il y a des jours, des jours sombres, des jours qui sombrent, des jours qui sabrent.
Il y a des jours couleur de nuit. Il y a des jours qui sont la nuit.
Il y a des jours de photos jaunies. Des jours remontant l’ennui.
Des jours de fond sans puits, des jours de longue nuit sans fin
Des nuits de jour sans pain. Des nuits à l’arrogance sans frein.
Un jour comme une nuit, un roi dit, je suis le juge de chacun
Je suis le juge d’aujourd’hui et de tous les jours qui suivent
Je suis le juge de toute votre nuit où les justes bourreaux salivent
Il y a des jours sombres ou le roi dit je décide du gardien de votre nuit.
Il y a des jours sombres, des jours de nuit, des jours de monarchie.
Ce jour à midi, Sarkozy dit, je suis l’unique juge de ce qui se fait et dit.
;…………………..
………………….
………………….. ;

Puis l’aube ensoleillée retrouve les 24 heures de l’horloge à balancier.

9H12

AC/dc termine hells bells

9H14

01/12/2008

Torii, porte blog.

Torii.

Le blog est une porte. Souvent, on lui donne arbitrairement le nom de bistrot, lieu ouvert et distant, lieu à l’endroit. Une table, des chaises, un verre. Quelqu’un que l’on attend, que l’on quitte. Le nom de point d’eau, magie de la nature contrariée. Chacun sous la nef, un chœur, une liturgie, l’instant solaire obligé, retenant l’être qui est. Machine à café, du ragot au ragoût, ce qui se lit en consonnes et voyelles et en marge, ceux qui se lient avec des pleins dédiés et des déliées frivoles et palpitantes et ses désirs. Puis.

A l’ouverture. On passe une porte. Le Torii. Le passage des oiseaux.
Le passage du monde réel au monde des esprits, de l’esprit. Le blog est Torii. Le Torii est, un, l’autre monde, le Torii est livre. Il est rouge dans les bleus de l’eau et du ciel. Il est violence dans l’azur et l’abysse, il est démesure dans nos portées.
Lorsque l’on ouvre la page, il faut demander la compagnie d’un oiseau, c’est le moyen le plus sur pour repasser la porte dans le bon sens, sinon nous restons indéfiniment dans le monde irréel. Beaucoup s’y installe. Combien savent sortir définitivement d’un livre. Le Torii est un passage, cosmos de l’auteur et terre du lecteur.
Tori Sleje est une amie, auteur forcené d’aucun écrit. Souvent nous écrivons ensemble à la même feuille, à la même source, toujours je la lis, il y a toujours mes manques sur la toile déroulée. Elle est ma porte rouge.

29/11/2008

Tous les dictateurs vous le certifieront, les écrivains sont les adversaires les plus coriaces.

Pro(po)sé par martingrall

L'œuvre littéraire est une arme contre la tyrannie et la corruption.

Les écrivains engagés luttent pour la justice en disant la vérité aux puissants.

Pendant les années 60, les ouvrages du romancier contestataire russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) ont révélé au monde le système des camps de travail soviétiques. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1970 mais sa réputation ne l'a pas abrité de la persécution et il a dû s'exiler en 1974. Il a fini par venir s'installer aux États-Unis où il a vécu pratiquement en reclus avant de rentrer en Russie en 1994.

Le combat de Soljenitsyne contre l'autoritarisme ressemble à celui de nombreux autres auteurs, dont l'homme de lettres et de théâtre tchèque Václav Havel.

Dissident éminent en lutte contre la suprématie qu'exerçaient les Soviétiques sur sa patrie, Václav Havel s'est servi du théâtre pour attaquer les régimes totalitaires. Si son activisme politique lui a valu plusieurs séjours en prison et un harcèlement quasi ininterrompu, il a triomphé lors de la « Révolution de velours » qui l'a porté à la présidence de la Tchécoslovaquie (la future République tchèque).

Une fois président, Václav Havel a mené la transition vers une démocratie multipartite et il reste une figure profondément admirée à l'international. Ses vues ont été comparées à celle du Britannique George Orwell (1903-1950) dont les romans bien connus, La ferme des animaux et 1984, peignent une image effrayante de la répression gouvernementale, thème repris par les dissidents partout dans le monde.

La poète et activiste russe Natalya Gorbanevskaya était une des huit manifestants à protester le 25 août 1968, sur la place Rouge de Moscou, contre l'invasion de la Tchécoslovaquie. Comme elle venait d'accoucher, elle n'a pas été jugée avec les autres mais elle a donné un récit du procès (Midi) qui a été publié à l'étranger sous le titre Red Square at Noon [Midi sur la place Rouge].

Natalya Gorbanevskaya a été arrêtée en décembre 1969 et emprisonnée dans une clinique psychiatrique soviétique jusqu'en février 1972. Elle a émigré en février 1975 et vit maintenant à Paris.

La romancière, essayiste et poète Julia Alvarez est née en République dominicaine mais sa famille a fui le pays lorsqu'elle avait 10 ans. Elle a connu la célébrité avec son roman de 1995, Au temps des papillons, inspiré par l'histoire de trois soeurs assassinées par les agents du dictateur Rafael Trujillo qui a dirigé le pays pendant un certain temps.

Le romancier, poète et dramaturge nigérian Wole Soyinka a été un critique acerbe de nombreuses administrations nigérianes et des tyrannies politiques partout dans le monde. La majorité de ses écrits porte sur ce qu'il appelle « la botte oppressive et le manque de pertinence de la couleur de la peau de celui qui la porte ».

L'activisme de Soyinka lui a coûté cher. Il a été arrêté en 1967, pendant la guerre civile qui a déchiré le pays, et placé en détention solitaire pour ses efforts de négocier la paix entre les factions en présence. Relâché 22 mois plus tard, après que son emprisonnement a attiré l'attention de la communauté internationale, il a quitté le Nigéria en exil volontaire.

Considéré par beaucoup comme le dramaturge le plus talentueux d'Afrique, Soyinka a reçu le prix Nobel de littérature en 1986, le premier auteur d'Afrique subsaharienne à être ainsi honoré.

Czeslaw Milosz (1911-2004) considéré comme un des plus grands poètes et prosateurs polonais, s'est battu contre la censure du gouvernement communiste de son pays pendant la guerre froide des années 50 et 60. Son recueil de 1953, La pensée captive, qui explique comment le régime staliniste obligeait les écrivains et universitaires de l'Europe orientale de l'après-guerre à se conformer a la doctrine officielle, a été décrit comme une des meilleures études du comportement des intellectuels dans un régime répressif.

Milosz, qui a émigré aux États-Unis en 1960 et est devenu citoyen américain en 1970, a reçu le prix Nobel de littérature en 1980.

La carrière du poète russe Joseph Brodsky (1940-1996) a suivi une trajectoire semblable. Essayiste et poète, il a été expulsé de l'Union soviétique en 1972 pour avoir refusé d'aligner ses écrits sur l'idéologie du parti communiste. Il s'est installé aux États-Unis et est devenu citoyen en 1977. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1987 et est devenu poète lauréat des États-Unis en 1991.

Une des voix les plus passionnées sur la scène littéraire est celle de la Philippine Ninotchka Rosca. Installée maintenant à New York, elle a été prisonnière politique sous le régime dictatorial de Ferdinand Marcos.

Rosca, qui avec ses nouvelles, romans et oeuvres de non-fiction a gagné le titre de « première dame de la littérature philippine », traite surtout les thèmes de l'oppression et de l'exploitation des femmes. Elle parle souvent des questions du tourisme sexuel, de la traite, de l'industrie de l'achat des femmes par correspondance et de la violence à l'encontre des femmes.

Ces écrivains et d'autres, trop nombreux pour être comptés, ont montré que la littérature est une arme efficace contre la tyrannie, la corruption et l'injustice. En mettant en lumière les maux du monde - et les régimes qui les perpétuent - ces écrivains de conscience jouent leur rôle pour s'attaquer aux problèmes urgents et demander des comptes aux autorités.

28/11/2008

L'Art, ou la puissance d'exister

proposé par martingrall

Les créateurs attirent l'attention du public sur l'injustice.

De ces arts, la littérature, cette écriture de la pensée en est le premier ferment.
Combien d’enfants, d’adolescents, sont nés dans ces ateliers d’écriture. Combien ont osé être. Combien ont choisi leur vie dans leurs griffonnages, leurs dessins bien à dessein, dans le plâtre, le bois. Combien se sont construits dans leur existence montrée au Monde.

Le grand artiste espagnol Francisco José de Goya y Lucientes (1746-1828) a témoigné des troubles de son pays au début du XIXe siècle dans une série de toiles et de gravures dépeignant les horreurs de la guerre. Depuis lors, de nombreux artistes ont suivi son exemple, prenant l'art comme support de leur engagement social dans des œuvres qui défendent les droits de l'homme, la paix et la justice.

Citons des géants du XXe siècle tel que le peintre Diego Rivera (1886 - 1957). Rivera et d'autres peintres spécialistes des peintures murales ont couvert les murs des écoles, des ministères, des églises et des musées mexicains d'images qui célèbrent l'histoire de ce pays et rendent hommage aux contributions des populations indiennes marginalisées du Mexique. Ces artistes étaient convaincus que placer l'art dans des lieux publics facilitait la démocratisation car celui-ci était ainsi accessible à tous, sans distinction de race ou de classe sociale.

Le peintre et sculpteur espagnol Pablo Picasso (1881-1973) est un artiste dont la vision a été influencée en partie par Goya. « Guernica », la peinture monumentale de Picasso, représentait le bombardement de Guernica par les Nazis en 1937, lors de la guerre civile espagnole. Cette œuvre illustre et condamne les atrocités dont Picasso a été témoin.

L'art au service du renouveau des liens sociaux

Au XXIe siècle, de nombreux artistes relèvent le même genre de défi, même si leurs objectifs sont plus modestes. La Brésilienne Monica Nador, dont l’œuvre a été exposée en France, en Australie et ailleurs, a étudié dans une école des beaux-arts. L'idée que la création artistique était une occupation de luxe, sans aucun rapport avec la situation désespérée des pauvres qu'elle avait pu voir dans certaines régions d'Amérique latine, l'a de plus en plus troublée.

Mônica Nador

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Après avoir réexaminé son rapport à la peinture, Nador a mis ses talents au service des communautés déshéritées afin de les aider à préserver leurs traditions. Pendant plusieurs années, à l'invitation des collectivités locales, Nador s'est rendue dans des zones rurales et urbaines du Brésil, de Cuba et du Mexique pour réaliser des peintures murales sur des maisons et bâtiments divers.

Les habitants aident Nador à choisir les couleurs et les motifs décoratifs pour qu'une fois terminées, les peintures murales reflètent une identité régionale particulière. Selon Nador, chacun est à la fois enseignant et élève, participant ainsi à une entreprise de renouveau citoyen. Et ce travail, dit-elle, est « bon pour la santé mentale et spirituelle de la population ».

Nador a aussi créé le Jardim Miriam Arte Clube (JAMAC), association à but non lucratif qui porte le nom de l'un des quartiers les plus difficiles de Sao Paulo, au Brésil. Installée dans la résidence de Nador où se trouve également son studio, le JAMAC recrute des jeunes à problèmes pour les faire participer à des programmes artistiques générateurs de revenus où les jeunes acquièrent des connaissances, ce qui leur évite de traîner dans la rue. Grâce au JAMAC, Nador lutte contre la violence, la criminalité, la discrimination, l'injustice et la faim, et le travail de ces jeunes apprentis traduit l'effet puissant que l'art a sur eux.

Ceux qui participent à ce programme découvrent « le pouvoir apaisant de l'art », a confié Nador « L'art peut créer des liens, engendrer des amitiés, faire naître l'esprit citoyen et donner un sentiment d'appartenance. » Mais, fait peut-être encore plus important, « il apporte la joie » à des personnes qui ne sont pas très heureuses.

Tisséo partenaire de ¡Rio Loco! Soutient le projet artistique de Mônica Nador.
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À l’instar de l’action menée par Mônica Nador dans les favelas de São Paulo, le projet d’« Ateliers ouverts » développé à Toulouse, associe les jeunes des quartiers à une démarche artistique originale. Regroupés au sein d’une quarantaine de structures municipales(1), ils ont donné libre cours à leur esprit créatif, avec pour seul impératif de mettre en avant l’iconographie du quartier, de la ville de Toulouse ou de leur expérience propre. Les pochoirs utilisés sont en tous points semblables à ceux qu’utilisent les jeunes habitants des quartiers-bidonvilles brésiliens. Les structures municipales interviennent sur la billetterie du Festival qui bénéficie de motifs directement inspirés de l’iconographie brésilienne. Pour favoriser davantage encore
l’échange culturel entre deux mondes qui ont tout à partager dès le plus jeune âge.

(1) Centres de loisirs sans hébergement (CLSH) maternels et primaires des Affaires sociales et de l’Animation socioculturelle, Centres de loisirs attachés à l’école (CLAE) maternels et primaires associatifs, encadrés par Garonne Animation et la Vie scolaire, Centres sociaux, Hôpital des enfants, MJC Empalot…

Les autres voix de la conscience

Les musiciens, eux aussi, sont connus pour leur engagement politique. Dans les années 1960, de nombreux groupes de rock, mais aussi chanteurs et compositeurs américains (notamment Bob Dylan et Joan Baez) se sont opposés à l'engagement des États-Unis dans la guerre du Vietnam, et la tradition de la musique engagée se poursuit encore aujourd'hui aux États-Unis.

La musique engagée a également pris racine dans d'autres régions du monde. Le Jamaïcain Bob Marley (1945 - 1981) a écrit et chanté des chansons de reggae qui s'attaquaient à l'injustice sociale, chez lui et dans le monde entier. Le chanteur pop Juan Luis Guerra, originaire de la République dominicaine, a souvent évoqué les problèmes sociaux dans sa musique, tout comme Willy Chirino, le chanteur de salsa né à Cuba, artiste considéré comme l'un des pères de ce que l'on appelle le « son de Miami » (une fusion des rythmes cubains, brésiliens et antillais).

Nimal Mendis, compositeur et chanteur sri-lankais, a mis en scène un documentaire intitulé Shattered Pearl qui décrit les difficultés des femmes affectées par la guerre civile en cours au Sri Lanka.

Rebecca Belmore
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Canadienne Rebecca Belmore examine l'histoire, les déplacements, la perte de culture et d'identité dans un ensemble de sculptures, installations, vidéos, et spectacles live. Membre de la tribu amérindienne Anishinaabe, Rebecca Belmore se penche dans ses projets sur le passé des populations indigènes canadiennes qui ont dû abandonner leur héritage culturel car le gouvernement canadien leur a imposé de s'assimiler à la culture occidentale.
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Le besoin de réclamer cet héritage culturel a été mis en scène par Belmore dans son projet de 1991 intitulé Speaking to their Mother (Discours adressé à leur Mère) qui souligne le rapport complexe que les populations amérindiennes des Premières Nations entretiennent avec la terre qui a nourri leurs ancêtres. Belmore a fabriqué un mégaphone en bois, énorme et complexe, et a fait le tour des collectivités des Premières Nations canadiennes, demandant à ses habitants de se servir de son mégaphone pour parler à la terre. Le projet a produit une série de photographies et d'enregistrements audio que le critique d'art Michael Lithgow décrit comme un « discours touchant et ressenti » des représentants des tribus amérindiennes.
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L’artiste messager
D'autres exemples fascinants de ce phénomène de l'artiste messager se retrouvent dans le monde entier. En Birmanie, le comique U Maung Thura, mieux connu sous son nom de scène, Zarganar (qui signifie « pince à épiler »), se sert de son humour grinçant pour se moquer de la junte militaire au pouvoir - et est victime de représailles sévères. Après qu'un cyclone se soit abattu sur la Birmanie au mois de mai, Zarganar a organisé une campagne de distribution d'aliments et de produits de première nécessité aux villageois dans le besoin, mais puisque son initiative avait attiré l'attention sur l'incompétence de la junte, sa campagne a été bloquée.

Quel que soit le lieu où ils se trouvent, les artistes qui s'élèvent contre l'injustice jouent un rôle important car ils éveillent la conscience collective de l'opinion par l’écriture, la peinture, la musique, la photographie, les films ou les œuvres live.

26/11/2008

L'artiste Fritz Scholder redéfinit l'art amérindien.

Par martingrall.

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L'artiste Fritz Scholder redéfinit l'art amérindien.


Washington - Aucun autre artiste contemporain d'ascendance amérindienne n'a été aussi énigmatique, influent ou provocant que Fritz Scholder (1937-2005) qui, à lui seul ou presque, a détruit certains des clichés les plus persistants sur l'identité amérindienne.

Aujourd'hui, trois ans après le décès de Scholder, son oeuvre prolifique (notamment des peintures, des sculptures et des lithographies) fait l'objet d'une grande exposition organisée par le Musée national des Amérindiens (NMAI), qui fait partie de l'Institut Smithsonian. Intitulée « Fritz Scholder : Indien/Non-Indien », l'exposition en deux parties a ouvert ses portes le 1er novembre, à Washington et à New York simultanément. La majorité des œuvres est exposée à Washington, une sélection plus réduite des travaux les plus récents est, quant à elle, exposée à New York où le NMAI dispose d'une antenne.
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Organisée conjointement par Truman Lowe (de la tribu Ho-Chunk) et Paul Chaat Smith (Comanche), cette exposition est la plus vaste rétrospective Scholder jamais organisée. Au cours d'une interview récente, M. Lowe indiquait que si Scholder était surtout connu pour ses tableaux anticonformistes représentant des Indiens d'Amérique, l'artiste refusait d'être classé dans une catégorie particulière, notamment celle des « artistes indiens » qu'il trouvait trop étroite. « Son mot favori était paradoxe et il aimait à dire : "Je suis à un quart indien et mes tableaux le sont aussi" », nous rappelle M. Lowe.

Son père étant à moitié indien Luiseño et à moitié allemand et sa mère d'origine française, Scholder n'était pas vraiment intéressé par la cause des Indiens et il était peu enclin à perpétuer le mythe romantique du soi-disant « noble sauvage », stéréotype indien né au XIXe siècle. « Personnellement, je n'ai jamais dit que j'étais un artiste indien. C'est les autres qui m'ont décrit ainsi », a dit un jour Scholder. Dans sa publication Indian Kitsch de 1979, Scholder se décrit lui-même comme « un Indien non indien », ajoutant ensuite : « Je ne me sens pas déchiré par la dichotomie de deux cultures. Toutefois je suis sensible à la nature incongrue » de ces dernières.

L'Indien postmoderne
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Comme il l'a raconté lui-même, Scholder a commencé très jeune à dessiner et il n'a apparemment jamais douté de sa vocation artistique. Né dans le Minnesota, il a grandi dans la région des Grandes Plaines où son père travaillait pour le Bureau des affaires indiennes. Malgré le poste de son père, Scholder et sa famille n'ont jamais vécu dans une réserve indienne et ont eu peu de contacts avec la culture amérindienne. Pendant ses études universitaires, Scholder a étudié avec l'artiste pop Wayne Thiebaud et en 1964, il a obtenu sa maîtrise de beaux-arts à l'université de l'Arizona. Peu de temps après, il a été invité à enseigner dans le tout nouvel Institut des arts amérindiens de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, et cette expérience allait s'avérer décisive.

Au départ, Scholder a affirmé qu'il ne peindrait « jamais » des Indiens, mais ses échanges avec des artistes amérindiens et des étudiants en art de l'Institut de Santa Fe l'ont fait changer d'avis. Toutefois, sa formation moderniste et postmoderniste l'a poussé à s'éloigner fortement de la représentation des Amérindiens prévalant à l'époque et qui, à ses yeux, était plutôt primitive.

Depuis les années 1930, de nombreux artistes de Santa Fe peignaient des scènes nostalgiques de la vie dans les villages indiens qui renforçaient les stéréotypes des sociétés amérindiennes. La plupart de ces images avaient un aspect plat et unidimensionnel, caractéristique de l'école artistique connue sous le nom de « style studio » qui a dominé la scène artistique de Santa Fe pendant des décennies. La décision de Scholder de peindre des Indiens « tels qu'ils sont véritablement » allait bientôt envoyer le style « studio » aux oubliettes.

Il s'est attelé à « ré-imaginer » les Indiens pour un public contemporain, dessinant les contours de ses personnages aux couleurs électriques à coup de pinceaux déliés. Pour toute toile de fond, des couleurs contrastées, sans contexte explicatif. À la différence des Indiens désuets dans le style Studio, ceux de Scholder faisaient directement face au spectateur et l'effet d'ensemble était frappant, dérangeant et particulièrement troublant. Bien que certains de ses portraits soient inspirés de photographies connues d'Amérindiens, les œuvres de Scholder sont imprégnées d'une certaine ironie qui permet d'interpréter des symboles mythiques de multiples façons.

Un artiste novateur
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Les innovations de Scholder lui ont valu presque immédiatement les louanges des critiques et assuré à ses œuvres un marché lucratif. Sa peinture à l'huile d'un Amérindien, qui n'est pas datée, avec sa représentation mystérieuse d'un chef indien formant un contraste saisissant avec un ciel rose vif, a été saluée triomphalement. Les œuvres de Scholder de la série « indienne » ont généralement engendré ce genre de réaction, jusqu'à ce qu'il dévoile sa toile de 1969, Indien avec une cannette de bière, qui a suscité les hurlements outragés des Amérindiens mais aussi des critiques d'art. La toile, qui représente un Indien assis à un bar ou à une table, une canette de bière Coors devant lui, abordait le problème de l'alcoolisme chez les Indiens, sujet sensible auquel peu d'artistes étaient prêts à s'attaquer.

Selon M. Lowe, la toile Indien avec une canette de bière « a produit un effet-miroir dans la communauté amérindienne ». Cette peinture, dit-il, « jouait sur le stéréotype de l'Indien saoul, mais elle a forcé les Indiens à regarder certains problèmes douloureux en face ».

Scholder a produit d'autres œuvres sur des thèmes tabous tels que la pauvreté des Indiens et la longue injustice dont ont été victimes les populations indiennes. Son traitement détaché de thèmes controversés a souvent choqué son public et pourtant, il a permis une évaluation plus honnête de graves problèmes sociaux et de vérités dérangeantes. Dans son Portrait américain avec drapeau (1979), la représentation par Scholder d'un Amérindien enveloppé dans le drapeau américain reflète les tensions entre la culture indigène et la société dominante.

Parallèlement, Scholder traitait volontiers des thèmes universels qui ne se référaient nullement à son origine ethnique ou ignoraient toute dimension ethnique. Même s'il a épisodiquement renoué avec des thèmes indiens, il a consacré les vingt dernières années de sa vie à des oeuvres sombres explorant la complexité des relations entre les hommes et les femmes (une toile de 1986, Amour Monstre No. 1, montre un couple figé dans une étreinte violente) et il s'est montré de plus en plus conscient de sa propre mortalité (un autoportrait de 2001, Le crâne de l'artiste, représente une photographie spectrale, en noir et blanc, de la tête de Scholder superposée sur une radiographie de son crâne). En fait, des crânes apparaissent avec une certaine fréquence dans ses dernières toiles, et ils sont accompagnés de personnages surnaturels (vampires, anges) et d'emblèmes de la spiritualité amérindienne (shamans).
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La signification de l'œuvre de Scholder a fait l'objet d'un débat intense mais son influence était profonde et elle le reste. Grâce à Scholder, « une barrière a sauté », affirme M. Lowe. « Il a cassé le moule de l'art de style studio » et il a démontré que l'art amérindien va bien au-delà des objets d'artisanat traditionnels comme les textiles, les paniers ou les bijoux. Scholder était un pionnier grâce auquel les jeunes artistes indiens contemporains, « qui ont leur propre histoire à raconter, leur propre interprétation de l'histoire amérindienne », trouvent plus facilement leur public. « L'ironie, bien sûr, c'est que Scholder a déclaré qu'il ne peindrait plus jamais d'Indiens, et pourtant c'est ce qui lui a valu sa renommée. »

24/11/2008

Dislocation

Mort du parti Socialiste français.

La mort est triste parce que l'on ne sait jamais où se pose l'âme.
Souvent on croit la saisir.
Souvent c'est une étrangère avec qui on assouvit tous les simulacres.

22/09/2008

Le Aie Book à la française!!!!!!un rêve.

par martingrall,

Comme quoi la France a un vélo comme tout le monde, mais avec la FNAC et Hachette c’est avec le grand développement. Mais un siècle trop tard, c’est ballot quand-même !

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Une chose m’échappe, sauf si Lagardère touche un gros paquet de nos impôts (pour gagner beaucoup, en travaillant peu) en commercialisant le livre électronique japonais qui ne s’est jamais vendu nulle part, pourquoi vendre un e-book monochrome le Reader PRS-505 alors que pour le même prix, on peut disposer d’un Sony VAIO sur lequel on peut lire, tout lire, et écouter, tout écouter et voir des images toutes les images, même animées et le tout en 16,7 millions de couleurs, tout ça en temps réel. Alors que pour beaucoup moins cher on peut disposer d’un Acer orchestré par un atom/intel sur lequel on peut faire la même chose (sur le VAOI de Sony) de plus dans l’’Acer sont intégrés tous les logiciels de traitement de la littérature, dont le adobe/book, Google/éditions, et toutes les bibliothèques du monde. Mais surtout. Mais surtout. Encore, mais surtout toute la bibliothèque « M@nuscrits » des éditions Leo Scheer. Rien que pour la bibeul à Léo ça vaut le coup d’investir dans l’Acer, 299 euros prix fort, mais on peut négocier, logiciels tout logiciels inclus, Firefox, Chrome, open office, et même l’adobe, tout pour lire, écrire et être édité. Alors ! D’autant que son écran est aussi petit que celui du reader Sony tout aussi stable et pas plus scintillant. Et qu’Acer est un tenant des écrans à diodes dont sera équipé en premier le mini PC. Alors que faire d’un Sonyhacettefnac, à 300euros tout vide en quatre niveaux de gris, et 256 megas de mémoire et seulement 2000 livres et ouvrages disponibles, rien que la BNF en met 40 000 en numériques. Mais il y a un mais, le Reader est voué à une mort certaine, dans le pack il n’y a pas un seul accès aux bonne feuilles de Pierre Assouline. Et là c’est le manque qui tue.

A la rigueur on pouvait faire l'impasse sur l'agenda de Nicolas Sarkozy et acheter le Figaro.

Néanmoins, laissons la parole à Philippe Citroën DG de Sony France…

« Ce partenariat nous permet de proposer une offre complète autour du Reader notre groupe accorde l'exclusivité de la vente de son appareil en France à La Fnac pendant six mois. Le Reader PRS-505 y sera vendu au prix de 299 euros ; il est déja disponible en précommande sur Fnac.com.

Ce terminal dispose d'un écran noir et blanc 6 pouces affichant 800 x 600 pixels. Il mesure 12,2 x 0,8 x 17,5 cm, pour un poids de 260 grammes. Outre les titres Hachette, il pourra lire des livres d'autres sources aux formats : BBeB Book ou epub (avec ou sans DRM), fichiers TXT, RTF et PDF. « L'interface permet un accès par auteur, titre, collection... et de reprendre sa lecture là où on l'avait laissée comme en cornant une page »

Corner une page, et pourquoi pas raturer, emmètre un avis non mais !


10/09/2008

Est-ce la possibilté d'une île

proposé par martingrall

Est la possibilité d’une île
Erg, refuge de désert nu
Apparaît soudain, subit !
Puis tremble lentement
Eau tendue verticalement
Où le miroir se précipite
Louvoie l’image qui raidit
Nous passe de l’autre côté.
Est la possibilité d’une île.
Martingrall



Il y a deux ans sur sa propre auto censure
Son espace dénudé et trahi, amputé et castré.
C’est cela la censure, l’émasculation.
Cette maison équarrie au lit exténué de vide.
Un chemin d’initié (mg)


On jugera sur pièce le film est dans les salles

Michel Houellebecq

"La difficulté, c’est qu’il ne suffit pas exactement de vivre selon la règle. En effet vous parvenez (parfois de justesse, d’extrême justesse, mais dans l’ensemble vous y parvenez) à vivre selon la règle. Vos feuilles d’imposition sont à jour. Vos factures, payées à bonne date. Vous ne vous déplacez jamais sans carte d’identité (et la petite pochette spéciale pour la carte bleue ! ...). Pourtant, vous n’avez pas d’amis.

La règle est complexe, multiforme. En dehors des heures de travail il y a les achats qu’il faut bien effectuer, les distributeurs automatiques où il faut bien retirer de l’argent (et où, si souvent, vous devez attendre). Surtout, il y a les différents règlements que vous devez faire parvenir aux organismes qui gèrent les différents aspects de votre vie. Par-dessus le marché vous pouvez tomber malade, ce qui entraîne des frais, et de nouvelles formalités.

Cependant, il reste du temps libre. Que faire ? Comment l’employer ? Se consacrer au service d’autrui ? Mais, au fond, autrui ne vous intéresse guère. Écouter les disques ? C’était une solution, mais au fil des ans vous devez convenir que la musique vous émeut de moins en moins. Le bricolage, pris dans son sens le plus étendu, peut offrir une voie. Mais rien en vérité ne peut empêcher le retour de plus en plus fréquent de ces moments où votre absolue solitude, la sensation de l’universelle vacuité, le pressentiment que votre existence se rapproche d’un désastre douloureux et définitif se conjuguent pour vous plonger dans un état de réelle souffrance.

Et, cependant, vous n’avez toujours pas envie de mourir."

Ecrit par : Michel H. | mardi, 22 août 2006 20:01

01/09/2008

la boîte à lettres

proposé par martingrall

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Je me souviens de cette boîte à lettres.
C’était dans une autre vie dans un autre pays
Je me souviens qu’elle était noire de suie
Certains où peut-être d’autres la brûlaient la nuit.

Je me souviens de cette boîte à milices
Certains, peut-être les mêmes y postaient leur peur
Je me souviens, qu’y dégoulinaient leurs pleurs
Certains, forcément les mêmes y laissaient leur cœurs.

Je me souviens de cette boite jaune sous l’opacité
C’était dans un pays aux hommes inexistés
Je me souviens que rien jamais n’y changeait
Tous, y compris les mêmes espéraient.

martingrall, le 20 08 2008

Je dispose de la lâcheté la plus facile

Je dispose de la lâcheté la plus facile

Et m’envole vers des terres connues

Jongleur aux sept soleils graciles

Une à une, belles amours parcourues.

Je dispose de l’allonge du félin

Hymen du félibre mariole

Bavard tapit trois foulées plus loin

Oiseux à trois cabrioles

Je dispose de branchies hors du temps

Immergé, longe naïades et sirènes

L’eau fige murmures et dérangements

Inquisiteurs vocifèrent à perdre haleine

Me convertit en maitre de fuite

La plus belle arme crée ici bas

Du plus bel azur farder panique

Le ventre encore fécond mit bas

Pas une de mes astres n’y échappera

Héros bancal certifié

Une à une tombera

Eros local contrefait

Suis inculte de la cession, l’abandon

Analphabète de l’abdication

Profane de la résignation

Ne disposant ni de levure ni d’amidon

Et sortir le glaive de ma terre.

Et faire sécher l’embryon.

En stériliser les pères

République j’aime ton nom

martingrall 14 08 2008

16/08/2008

Le syndrome de la case de l'oncle Val.

La France est un pays de rien. Cloisonné en trois cases, trois tiers d'un État, trois États tiers, trois tiers États.
Trois tiers contenant à distance respectable le pot de colle, incapable d'assembler, de faire un tout de trois tiers. L'administration politique. Très peu administrative et pas du tout politique, déployant son ignorance de la nation comme seule licence. Archaïque et apatride. Ignorante de la constellation française. Les rats des villes!
La France est devenu, à force, par force, un pays de rien. Chacun y cherche une âme, souvent la sienne. Chacun y cherche un autre lui-même. Lui. Sans miroir et sans fart. Lui qui veut être un autre. Chaque Français veut-être un autre. Aucun français ne veut être moyen. Seul. Vide.
Malgré ses révolutions, la France reste avec ses trois cases étanches, solides partitions de murs porteurs et murs extérieurs de filets et de filtres, passoires et tamis. Chacune avec ses buanderies, ses lieux d'aisances, ses bains, ses chambres, ses corridors et salles de réception, séjour de convivialité, de repérage, d'assemblage et de confraternité. Rarement de fraternité. Tiers de noblesse au sang bleu. Tiers de religion ecclésiale. Tiers peuple dans un sale état. Cases à vingt millions de quidams chacune selon les périodes et le temps. Cependant, une boule fétide, permanente et informelle, plus ou moins importante selon le temps et la période cherche à se placer aux portes de cases plus ou moins appropriées. Ces cases horizontales au demeurant, par apocalypse, non pas se plaçant, mais sont placées dans la verticalité. De très haute à très basse. Ainsi cette boule éphémère et instable décidant de la case haute société, EUX, les rats, tout à côté de la noblesse dont ils seront toujours dépourvus. Et une case d'en bas, pour les français de la basse société! La case rouge. Cerise du fer rouge et noir. Cerise à fleur blanche et feuille bleue. Cerise chaude coulant entre les dents. Et entre les deux la case blanche. Bien à l'abri entre le bleu de la hampe et le rouge qui s'effiloche.
Dans la France du camembert coupé en trois cases égales chacune touche les deux autres. Et outrepasse non par le milieu mais par les bords légers, fluides et incertains.
Ors et malgré tout, certains, pas tout à fait rats mais déjà rongeurs, se cherchant, eux-mêmes et des amis marchands, se servent de la religion, pour prétendre atteindre la porte de la plus haute case horizontale. C'est le syndrome de la case de l'oncle Val.

14/08/2008

Le syndrome de la case de l'oncle Val.

La France est un pays de rien. Cloisonné en trois cases, trois tiers d'un État, trois États tiers, trois tiers États.
Trois tiers contenant à distance respectable le pot de colle, incapable d'assembler, de faire un tout de trois tiers. L'administration politique. Très peu administrative et pas du tout politique, déployant son ignorance de la nation comme seule licence. Archaïque et apatride. Ignorante de la constellation française. Les rats des villes!
La France est devenu, à force, par force, un pays de rien. Chacun y cherche une âme, souvent la sienne. Chacun y cherche un autre lui-même. Lui. Sans miroir et sans fart. Lui qui veut être un autre. Chaque Français veut-être un autre. Aucun français ne veut être moyen. Seul. Vide.
Malgré ses révolutions, la France reste avec ses trois cases étanches, solides partitions de murs porteurs et murs extérieurs de filets et de filtres, passoires et tamis. Chacune avec ses buanderies, ses lieux d'aisances, ses bains, ses chambres, ses corridors et salles de réception, séjour de convivialité, de repérage, d'assemblage et de confraternité. Rarement de fraternité. Tiers de noblesse au sang bleu. Tiers de religion ecclésiale. Tiers peuple dans un sale état. Cases à vingt millions de quidams chacune selon les périodes et le temps. Cependant, une boule fétide, permanente et informelle, plus ou moins importante selon le temps et la période cherche à se placer aux portes de cases plus ou moins appropriées. Ces cases horizontales au demeurant, par apocalypse, non pas se plaçant, mais sont placées dans la verticalité. De très haute à très basse. Ainsi cette boule éphémère et instable décidant de la case haute société, EUX, les rats, tout à côté de la noblesse dont ils seront toujours dépourvus. Et une case d'en bas, pour les français de la basse société! La case rouge. Cerise du fer rouge et noir. Cerise à fleur blanche et feuille bleue. Cerise chaude coulant entre les dents. Et entre les deux la case blanche. Bien à l'abri entre le bleu de la hampe et le rouge qui s'effiloche.
Dans la France du camembert coupé en trois cases égales chacune touche les deux autres. Et outrepasse non par le milieu mais par les bords légers, fluides et incertains.
Ors et malgré tout, certains, pas tout à fait rats mais déjà rongeurs, se cherchant, eux-mêmes et des amis marchands, se servent de la religion, pour prétendre atteindre la porte de la plus haute case horizontale. C'est le syndrome de la case de l'oncle Val.

Le ventre encore fécond mis bas.

Je dispose de la lâcheté la plus facile

Et m’envole vers des terres connues

Jongleur aux sept soleils graciles

Une à une, belles amours parcourues


Je dispose de l’allonge du félin

Hymen du félibre mariole

Bavard tapit trois foulées plus loin

Oiseux à trois cabrioles


Je dispose de branchies hors du temps

Immergé, longe naïades et sirènes

L’eau fige murmures et dérangements

Inquisiteurs vocifèrent à perdre haleine


Me convertit en maitre de fuite

La plus belle arme crée ici bas

Du plus bel azur farder panique

Le ventre encore fécond mis bas.


Pas une de mes astres n’y échappera.

Héros bancal certifié

Une à une tombera

Eros local contrefait


Suis inculte de la cession, l’abandon

Analphabète de l’abdication

Profane de la résignation

Ne disposant ni de levure ni d’amidon


Et sortir le glaive de ma terre.

Et faire sécher l’embryon.

Et stériliser les pères

République j’aime ton nom

martingrall 14 08 2008


11/08/2008

Mahmoud DARWICH, bien plus précieux que le chemin qui mène.

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Ne le volez pas de l'hirondelle
Ne l'emportez pas de la rosée
Son requiem est écrit par les yeux
J'ai abandonné ma voix à l'écho -MD-


Lorsque la mort survient,
Tout devient, tout reste à faire
Lorsque la terre est, reste, redevient, notre première mère.

Mahmoud DARWICH a tout dit, et pourtant il faudra toujours en faire conscience..

La maison est un bien plus précieux que le chemin qui mène à la maison.



Murale.

Voici ton nom,
Dit une femme
Puis elle disparut dans la spirale du couloir.

Je vois le ciel là-bas à portée de main
Et l’aile d’une colombe me porte
Vers une autre enfance.
Je ne rêve pas que je rêve. Tout est réel.
Je sais que je m’oublie… et que je m’envole.
Je serai ce que je deviendrai
Dans le dernier ciel. Tout est blanc.
La mer suspendue sur le toit d’une nuée blanche
Et le néant dans le ciel blanc de l’absolu. J’ai été et
Je n’ai pas été.
Je suis seul aux abords de cette blanche éternité.
Venu avant mon heure,
Aucun ange ne m’apparaît qui me dit :
"Qu’as-tu fait, là-bas, sur la terre ?"
Et je n’entends ni les acclamations des bienheureux
Ni les lamentations des pécheurs. Je suis seul dans la blancheur,
Seul…
Rien ne me fait mal à la porte de l’éternité,
Ni les jours ni les sentiments.
Je ne ressens ni la légèreté des choses
Ni le poids des obsessions.
Je ne trouve personne à qui demander :
Où est mon où, désormais ?
Où est la cité des morts ? Où suis-je ? Pas de néant,
Ici, dans le non-lieu… la non-durée,
Ni d’existence.

Comme si j’avais déjà connu la mort…
Je connais cette vision et je sais que je pars
Vers ce que je ne connais pas. Peut-être
Suis-je encore vivant quelque part,
Conscient de ce que je veux…

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai une idée qu’aucun glaive ne porte
A la terre désolée, aucun livre…
Une idée pareille à la pluie sur une montagne
Fendue par la pousse d’un brin d’herbe.
Et la force n’aura pas gagné,
Ni la justice fugitive.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai oiseau et, de mon néant,
Je puiserai mon existence. Chaque fois que mes ailes se consument,
Je me rapproche de la vérité et je renais des cendres.
Je suis le dialogue des rêveurs.
J’ai renoncé à mon corps et à mon âme
Pour accomplir mon premier voyage au sens,
Mais il me consuma et disparut.
Je suis l’absence. Je suis le céleste
Pourchassé.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai poète
Et l’eau se soumettra à ma clairvoyance.
Métaphore de la métaphore que ma langue
Car je ne dis ni n’indique
Un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi.
Je suis de là-bas.
Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination…
Je suis qui je fus, qui je serai
Et l’espace infini me façonne, puis me tue.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai une vigne.
A l’été de me presser sans attendre,
Aux passants de boire mon vin
Sur les lustres du lieu sucré !
Je suis le message et le messager,
Les petites adresses et les lettres.

Un jour je serai ce que je veux.

Voici ton nom,
Dit une femme
Puis elle disparut dans le couloir de sa blancheur.
Voici ton nom. Retiens-le bien !
Ne vous chamaillez pas pour une lettre
Et ne te soucie pas des bannières des tribus.
Sois l’ami de ton nom horizontal,
Teste-le sur les vivants et les morts,
Entraîne-le à la bonne diction en compagnie des étrangers,
Trace-le sur une paroi de la caverne.
O mon nom : tu grandiras quand je grandirai,
Tu me porteras et je te porterai,
Car l’étranger est un frère pour l’étranger.
Nous capturerons la femelle avec la voyelle longue dévolue aux flûtes.
O mon nom : où sommes-nous à présent ?
Dis ! Qu’est aujourd’hui ? Qu’est demain ?
Qu’est le temps, le lieu,
L’ancien, le nouveau ?

Un jour nous serons ce que nous voulons.

Le voyage n’a pas commencé, le chemin n’a pas abouti,
Les sages n’ont pas atteint leur exil
Ni les exilés, leur sagesse.
Des fleurs, nous n’avons connu que les coquelicots.
Montons donc au plus haut des fresques :
Verte est la terre de mon poème, haute,
Parole de Dieu à l’aube que la terre de mon poème
Et je suis le lointain,
Le lointain.

Dans chaque vent, une femme se joue de son poète :
– Emprunte la direction que tu m’as offerte,
La direction qui s’est brisée,
Et rends-moi ma féminité
Car il ne me reste que la contemplation
Des rides du lac. Déleste-moi de mon lendemain,
Rends-moi le passé et laisse-nous, seuls, ensemble.
Rien, après toi, qui parte
Ou revienne.

– Reprends le poème si tu le désires.
Je n’ai que toi en lui.
Reprends ton moi. J’achèverai l’exil
Avec ce que tes mains ont laissé de lettres aux mouettes.
Qui de nous deux est moi, que je sois sa fin ?
Une étoile tombera entre l’écrit et le dit
Et le souvenir confiera ses pensées : Nous sommes nés
Aux temps de l’épée et de la flûte,
Entre figues et figuiers de Barbarie. La mort était plus lente.
Elle était plus nette. Elle était une trêve pour les passants
A l’embouchure du fleuve.
Désormais, tout est machinal.
Aucun assassin ne prête l’oreille aux victimes,
Nul martyr ne donne lecture de son testament.
De quel vent es-tu venue ?
Dis-moi le nom de ta blessure et je saurai
Les chemins sur lesquels nous nous égarerons par deux fois !
Chaque battement de ton cœur me fait mal qui me ramène
A des temps de légendes.
Mon sang me fait mal,
Le sel me fait mal… et ma veine jugulaire.
Dans la jarre brisée, les femmes du littoral syrien
Se plaignent de la longueur du chemin
Et brûlent sous le soleil d’août.
Je les ai vues sur le chemin de la source avant ma naissance.
J’ai entendu l’eau les pleurer dans l’argile :
Revenez au nuage et les beaux jours reviendront.
L’écho a dit :
Seul revient le passé des puissants
Sur les obélisques de l’espace…, dorées leurs traces,
Dorées…, seuls reviennent les appels des faibles au lendemain.
Donne-nous notre pain quotidien et un présent plus fort
Car ni la réincarnation ni l’inhabitation ni l’éternité ne nous appartiennent.

L’écho a dit :
Je suis fatigué de mon espoir incurable,
Las des pièges de l’esthétique :
Qu’y a-t-il après Babel ?
Chaque fois que le chemin au ciel s’est précisé,
Que l’inconnu a dévoilé sa fin
Dernière, la prose s’est répandue dans les prières
Et le chant s’est brisé.

MD chez Actes Sud

03/07/2008

La loi Hottodafé de Nicolas Sarkozy.

proposé par martingrall,

Epoque de soldes politiques.
Chacun veut sa tête de piaf dans la boîte à belle zimages !
Ne vous pressez pas, on ne sait jamais. Depuis que les balles à blanc deviennent de méchantes abeilles cuivrées, des lasers peuvent sortir des caméras.
« Fixez bien la loupiote rouge. Et Zigg. Un éclair bleu France. Un siège vide, et on revote à saint Célestin, ce dimanche bien loin de Pentecôte.
Mais tant qu’ils ne sont pas seuls à être concernés par la valse des étiquettes, la démocratie se porte bien.

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Mais, donc Sarko n’aura pas attendu de recevoir la gifle de l’Union européenne sur la liberté cadenassée du net, censure imself, ni l’interdiction de faire payer par les français le profit des ses potes, Hodapi et télé sans pub, de devenir patron des seules informations que doivent retenir les français, ce jourd’hui Nicolas s’attaque à l’industrie du livre, en installant la loi hotodafé.
Et c’est con, j attendais avec impatience et fièvre le dernier de Christine Angot pour en parler à la Gibson lors de nos rencontres illicites devant la machine à dafé, et H-otto postminger veut pas.

Je suis très ennuyé cependant, pas plus tard qu’hier, m’Dame la ministre de la culture nous gratifiait d’un très carnassier sourire lors de la présentation du livre numérique, qui allait tout régler dans l’édition et la lecture du livre. Et, là, sans la prévenir, donc la prenant par surprise, cinq députés sans doute perdus dans le peloton de la grande boucle qui démarre tantôt, lance un ‘’Haro sur le livre’’ grand mangeur de bois. Parce que pour ces portes-bois, à défaut de porter la plume mont blanc du Président de la raie publique, tout doit être fait pour éviter la déforestation. Surtout les arbres. Les persistants et les caduques on peut mais pas les arbres.

Alors pour conserver à la France son bel et bon végétatif tapissant, supprimons tous les éditeurs refusant la bannière Lagardère. En les frappant là ou ça fait mal, aux males, la bourse. Et je ne dis pas que chez les éditrices, il reste une ouverture. Tiens sur BMF ou BFM ils lancent un grand concours pour devenir chroniqueur économiste. Donc, pas de picaillon, pas d’édition, pas d’avances pour l’auteur, pas d’auteurs, donc pas d’invendus chez les libraires. Bien sur cela ne concerne que le livre, moins de 10% d’invendus, pour les périodiques 50% d’invendus avec plein d’encre sales et en technicolor, on a le temps. Seul élément de la chaîne devant être confirmés, la grande distribution accordée à Lagardère une et celle de l’Antoine pas Gallimard bien trop consciencieux, mais Sellière Ernest, deux.

Mais essayons d’apporter notre positive contribution par un constat. Après Mes 68, Sarko s’attaque à François et quoi de plus signifiant que de s’attaquer à ce que François Mitterrand avait de plus beau, sa passion des livres. Et dont l’immense culture, savourons au passage, en fit bafouiller Jean D’O. Grand moment de télé. Bisous Gillou. Surtout François bien au fait des libraires, ses seuls vrais amis, avait mandé à Jacobus Lang une loi définissant un prix unique du livre, 5% de remise maxi, protégeant, non pas ses amis, nous avions gabellement de quoi les mettre à l’abri du besoin, mais l’universalité de la lecture et en tout premier lieu la liberté de lire d’apprendre et de savoir. Et sans Angot qui va m’apprendre à bien me tenir devant les dames. Et m’zelle Gibson qui piaffe. Et Gerhard Schröder revendique toujours l’impertinence obligatoire des auteurs – éditeurs-libraires comme fer de lance de l’innovation. Lui reste quelques 250 milliards d’euros d’excédents commerciaux annuels, de quoi beurrer toute la Bavière d’arbres en argent massif.

Mais en dehors de nos députés éludeurs, qu’en est-il ?

Le prix unique du livre fait vivre pas moins de 40% des libraires, 100% des indépendants, et 90% des auteurs, une paille, que p’tit Nicolas veut nous enlever de l’œil, pour mieux le voir, même, et surtout si la moitié des pays de l’union européenne ont copié et appliquent la loi de Jacobus. Et il doit y avoir une raison. Mince ou conséquente, mais raison gardons, d’autant que les requins sont en voie de disparition. Et puis c’est beau un gardon lorsqu’il dépose ses œufs en se frottant sur l’herbier de la rivière. Et trois semaines plus tard des petits poissons font des livres qui se mettent et se placent dans les librairies ou ils attendent avec impatience le client qui sera attendri par ses allers et venues et son sort. Et gare au temps qui passe sur le carborundum des gares, si la belle ne parvient pas à séduire le chaland, elle est mise au rebut au fond de l’impasse, à faire des passes et remplacements. Et si au bout de deux petits mois pas de client d’impasse attendris, au moins trois milles, c’est le retour au pays et la honte du pilon. Il est difficile de déterminer la durée de vie moyenne d'un livre. Ce qui est sûr, c'est que son temps de décollage est de plus en plus court. On sait si c'est un succès au bout de 3 à 5 semaines. Précise le rédacteur en chef adjoint de Livres Hebdo, Fabrice Piault. Mais surtout les petits éditeurs enfin les éditeurs non institutionnels, chacun a son égo, sont les véritables dénicheurs de talents et les seuls découvreurs des génies de l’écriture, et des lecteurs qui vont avec. Donc dans la France de la réforme Sarkozyste, celle qui fait bœufs de vaches stériles, pour sauver le livre et tout ce qui va avec, « Haro sur les députés »

02/07/2008

Nick de Sarko, doublé en écologie par Charles de l’Outremanche..

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Charly de Buckingham, c’est à dire le prince Outremanchois, est aux dires, confirmés par de nombreuses notifications, un sarment toujours vert.
Bienheureuse Dame la Princesse, pour qui le Prince en pince toujours. Alors pour convoler vers sa belle, Charly prend toujours l’Aston, non pas vantage, comme Martin un peu futile, mais la fulgurante DB6 découvrable bleue nuit à jantes chromées à rayons. Joyau s’il en est, qui lui a été offert ce joyau ou offerte la chignole, lors d’un bal de débutantes, par la reine mère, sa mère et le prince consorts, Duc de son état, son sort, à l’époque de ses 21 printemps, âge d’acnés et autres démangeaisons. Et trente neuf ans plus tard les démangeaisons perpétuelles restent totalement éternelles.
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Et depuis, le vertifiant Charles de Buckingham, pousse l’hydre dans les lands d’Irlande, tout aussi verte. Et ce n’est pas Bono de l’Irish rock band U2 qui nous contredira.

Et donc, afin de d’épouser Camilla, encore et encore, de noces en noces, de cris en chuchotements, de bruissements en gémissements, et ce en toute quiétude et pour longtemps encore dans ses lands toujours vertes, C de B, met du picrate dans son réservoir d’Aston, certes du pinard blanc de ses royales vignes anglaises, mais du 12° quand-même. Ils sont loufoques, ils ont même accepté Wrath. Même Elise, se met un asiatique tout aussi éthylique sous le capot. mais, on peu la comprendre, une Lotus.

Donc Charly à convertie sa belle de nuit au bio éthanol savamment distillé par l’alambic de Charlestown d’Aberlour, à partir de longues fermentations lentes de l’excédent de vin blanc issue de ses vertes vignes anglaises. Et pour faire ses 500km par an, sa muse habite à deux pas de un pied, soit à peu près 0,66 mètre, il participe gaillardement à la protection de la nature du monde par son incessant et féroce combat, châtiant à coups d’effluves altières, le gueux roulant en fumeux Range Rudolf Christian Karl Diesel. Aussi, fort de ses succès, avec sa mie Parker-Bowles, accompagnés d’Ivanhoé Dubois, ils décidèrent de s’attaquer au global warming du roi Jean, dans ses propriétés de Highgrove et Birkhall avançant une mesure prodigieuse et phénoménale qui démontre un optimisme certain et une volonté indomptée, lui le lord des Îles, prince et grand sénéchal d'Écosse, le chevalier de l’ordre de la Jarretière, chevalier de l'ordre du Chardon, chevalier grand-croix de l'ordre du Bain, chevalier de l’ordre du Mérite, chevalier de l'ordre d'Australie, entre autres, de faire de la grande Bretagne, du royaume unis et des royaumes du Commonwealth, une terre ou l’herbe serait toujours plus verte couleur de jardin d'Eden. Et ce sont ses vaches élevées dans ses résidences nourries exclusivement avec de l’herbe et du fourrage 100% bio qui porteront haut la couleur de l’engagement sans faille et sans flatulences lourdement chargées en méthane, de son serment princier lancé en 2007 lors de l’annonce du lancement de son « empreinte écologique annuelle », c'est-à-dire qu'il fera connaître tout ce qu'il a fait, où et combien de fois, ayant « un impact sur l'environnement ». En 2008 il lance le Princes Rainforest Project qui a pour but de sensibiliser les populations à la déforestation. Et cela est plutôt con, parce que plus personne ne verra Camilla et ses très beaux chapeaux lors des courses de gazon.

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12/05/2008

Les mémoires de la faim

L'esclavage reste au top! A fleur de peau. A peau des mots.

Shadoké par martingrall

Les mémoires de la faim

Par Edouard Glissant

« DES IMAGINAIRES NOUVEAUX… »
Le scandale de la faim dans le monde, et de l’irresponsabilité affichée par ceux qui en sont la cause directe, les producteurs mondiaux et leurs systèmes impitoyables de rentabilité, nous oppose la double difficulté du rassemblement des opinions éparses dans l’espace international, et des mémoires des peuples, qui se dissipent rapidement dans les exaspérations de l’actualité.

Ce qu’on a appelé les émeutes de la faim, dans les pays les plus pauvres du monde, émeutes déclenchées par les augmentations brutales des produits de consommation de base, le riz principalement, et dont une des explications les plus scandaleuses, avancée par ces mêmes producteurs, a été que « le marché donne ainsi le signal que la production agricole est insuffisante », explication outrageuse et indigne de l’humanité même la plus basse, nous devons nous avouer, quelques jours à peine après leur explosion, que l’écho s’en dissipe déjà dans les autres torrents de ce qui inlassablement court dans le monde, et que ces émeutes ne sont désormais commentées que dans les pays qui n’ont pas eu (encore) à souffrir de telles famines.

Nous n’avons plus recours à des théories ni à des idéologies pour ce qui est du ralliement des opinions éparses dans le monde, leur accumulation peu à peu mène à des réseaux démultipliés de connaissance dont nous nous habituerons bientôt à les consulter et à en faire notre bien. Quant aux mémoires des peuples, qui se dissipent elles aussi, nous savons aujourd’hui que la principale manière de les préserver est de les mettre ensemble. Tant que nous écouterons seuls dans notre lieu les misères du monde ou ses joies, ou que nous crierons seuls nos misères et nos joies, nous écourterons nos mémoires et nous méconnaîtrons celles des autres.

La plus neutre de nos manifestations commencerait par un rappel de ces épidémies de la faim du monde, et les commémorations que nous célébrerons au cours du mois de mai 2008, à propos des esclavages qui ont frappé l’Afrique et les pays de la diaspora africaine, n’auront de sens que si nous convenons des propositions suivantes : chacun en a le pressentiment, nous ne les mettons jamais en commun.

Les catastrophes du monde sont d’autant plus exterminatrices qu’elles sont isolées, non connues, non durables dans le souvenir des peuples. Les mémoires vivantes des collectivités humaines, qui souvent s’opposent, se renforceraient à se rapprocher, dans le champ éclaté du Tout-monde. Il en est ainsi pour les mémoires des esclavages, quand elles sont ravivées par les descendants des esclaves : non seulement réveiller et préserver ce qui a été occulté ou obscurci de ces histoires, mais aussi préparer ce qui réunira et défendra les humanités, sur ces mêmes Plantations renouvelées. Commémorer l’abolition de ces esclavages : ouvrir sur le monde, les servitudes modernes, les oppressions clandestines ou spectaculaires. Commémorer l’abolition de ces esclavages : contribuer aux imaginaires des peuples du monde, des peuples dans le monde, qui déjà proposent une nouvelle conception de ce monde, par où on voit que les colonisations, les esclavages, les famines, les immigrations ont les mêmes causes, qui ne sont pas de mécanicité économique, mais d’une férocité d’exploitation sans pareille.
Commémorer l’abolition de ces esclavages : constater que l’Europe organise l’exploitation des pays africains (agriculture, pêche, produits naturels) et la répression sans délai ni merci des immigrations qui en sont la conséquence.

C’est ce que nous, (ce n’est pas là un nous communautariste), proclamerons tout ce mois de mai, et toute cette journée du 10 mai.





Tous les jours de mai
Par Edouard Glissant


« TOUS LES JOURS DE MAI SONT POSSIBLES, PUISQU’EN MAI 1848 LES ESCLAVES REVOLTES DES ANTILLES ONT IMPOSE LA DECLARATION PUBLIQUE DES DECRETS D’ABOLITION… »

Les débats devenus publics et terriblement contradictoires sur l’Histoire et la mémoire, sur les histoires, les mémoires (concevons-nous un devoir de mémoire, pouvons-nous réinterpréter sinon les faits du moins les théories de l’Histoire, pouvons-nous en dire ce que le poète Jules Monnerot affirmait de la sociologie : « les faits historiques ne sont pas des choses » ?), et les conclusions changeantes de ces débats, tendent à suggérer qu’en vrai, c’est-à-dire, au quotidien, nul n’attendrait le soutien d’une « mémoire de l’Histoire » pour vivre ou survivre, et que, dans les cas où cette mémoire aurait risqué de raviver des hantises ou des regrets ou des remords, l’individu ou la collectivité qui en aurait souffert pourrait à bon droit l’offusquer ou l’effacer, comme gênante ou paralysante.

Dans le langage des comédies, « le pain quotidien des peuples ne semble pas fait du levain des consciences mémorantes », surtout quand ces consciences examinent des offenses que nous avons perpétrées alentour : l’oubli « objective » en heureuse paix les événements qui étaient devenus gênants pour nous.

Ce nous-là relève d’une société sûre de son droit et de sa force. Aucune collectivité, disons aucune communauté, de cette espèce, n’attendrait un éclairage né de sa propre histoire pour perdurer, mais seulement une sorte de for-ce indistincte, disons même obscure, qui aurait résulté de cet éclairage ou qui en tiendrait lieu : cette collectivité saurait en tout cas élire instinctivement de son passé immédiat ou lointain ce qui lui convient et qui concourt à sa gloire ou pour le moins à son confort, ignorant délibérément ou inconsciemment ce qui aurait pu constituer pour elle une gêne ou entraîner des regrets ou soulever des remords.

Cette même collectivité se déclare ainsi le seul réel témoin qui à ses propres yeux compte, seule juge de ses actes, et elle affirme qu’on ne vit pas de regrets ou de remords, ce qui est vrai. L’oubli pour elle aura une fonction, à la fois de mémoire objectivée, d’idéologie aussi, en dehors de toute considération de droit : « A tort ou à raison, mon pays. » Les communautés contraintes n’ont pas de ces libertés.
Edouard Glissant
A LIRE :

“Les Entretiens de Baton-Rouge”, d'Edouard Glissant , avec Alexandre Leupin (Gallimard, avril 2008).

SUR LE NET :
L’institut du Tout-Monde, créé à l’initiative d’Edouard Glissant : http://tout-monde.com

 
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